L'ART DE BIEN REMPLIR SES BIDONS.

Il y a 25 ans, la grande question pour les cyclistes était beaucoup plus de savoir quelle quantité il fallait boire plutôt que de savoir ce qu'il fallait boire. Aujourd'hui, c'est le contraire: tous les cyclistes savent qu'il faut boire mais le plus souvent, ils ne savent pas trop quelle est la meilleure des boissons à utiliser pour remplir le bidon suivant les circonstances.

L'EAU PURE

C'est la plus désaltérante des boissons mais ce n'est pas celle qui quitte le plus rapidement l'estomac, car celui-ci doit la rendre isotonique avant de la faire passer dans le sang (heureusement pour nos globules rouges car, nous l'avons constaté, I'eau pure les fait éclater). La vitesse à laquelle l'eau pure passe dans le sang dépend avant tout de la quantité absorbée. C'est pour cela qu'une trop grande quantité d'eau "reste sur l'estomac". Sa température joue aussi un rôle: trop froide ou trop chaude, elle demeure plus longtemps dans l'estomac, la température idéale se situe entre 10 et 15°.

Dans bien des cas c'est la boisson idéale pour les cyclistes en particulier lorsque l'apport énergétique est assuré par des tablettes énergétiques ou tout autre aliment solide. Suivant les circonstances, promenade, cyclotourisme, randonnée cyclosportive ou compétition,la rapidité d'assimilation est plus ou moins importante et il en est de même pour l'apport énergétique. pour les longues sorties, lorsque les deux bidons de départ sont vides, c'est de toute façon la seule solution possible, sauf bien entendu si l'on est suffisamment bien organisé pour emporter dans les poches du maillot ou la sacoche des doses de poudre pour boisson énergétique. C’est la boisson qui permet l'assimilation la plus rapide des aliments solides.

Toutefois, l'isotonie n'étant pas le seul critère influençant la vitesse d'assimilation, il faut nuancer et relativiser ces notions "théoriques" en fonction de son état nerveux et de ses goûts. Quelqu'un qui n'aime pas telle ou telle eau aura quelques difficultés à la "digérer". Mais ceci est également valable pour toutes les autres boissons. Lors de très longues sorties par forte chaleur, il arrive qu’après avoir bu plusieurs litres (pour certains la limite se situe aux alentours de 5 a 6 bidons de triathlètes), l'estomac a de plus en plus de mal à supporter du liquide et de l'eau plate en particulier, une bonne parade consiste a boire toutes les 3 heures 1/4 de Perrier ou de St-Yorre. Lors des sorties de plus de 12 heures, il arrive parfois que l'estomac déclare forfait et n'accepte plus de liquide.

Dans ce cas extrême, quelques gorgées d'une boisson apéritive alcoolisée fait souvent merveille! Pour se retrouver parmi les meilleurs, il faut un bon estomac, à la limite l'on peut dire que ce quel'on met dans les poches du maillot est plus important que ce que l'on met dans les bidons. Ceux qui sont moins fort n'étant pas capables d'être au maximum de leur capacité pendant plusieurs heures.Le problème de l'effort long et intensif est résolu par la sélection naturelle: ceux qui peuvent sont fait pour ! L'exemple extrême étant bien entendu représenté par les pros. En course, boire des bidons entiers de Coca-cola n'est pas a la portée du premier estomac venu, ni d'ailleurs boire1 litre à l'heure pendant plus de 6 heures tout en fournissant un effort intensif et ceci 3 semaines de suite.